L’intelligence artificielle et l’anthropologie chrétienne 

Le 29 Mars 2019, la faculté de Théologie et OPTIC technology organiseront un séminaire d’une journée sur le thème de « l’intelligence artificielle et l’anthropologie chrétienne » à l'Université pontificale Saint Thomas d'Aquin (Angelicum) à Rome.

Des philosophes et théologiens d’Italie, de France, de Belgique, d’Autriche et du Royaume-Uni discuteront des thèmes de l'épistémologie, du transhumanisme et de l'éthique en présence de Mgr. Duffé, Secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral. Cet événement est public, n'hésitez pas à assister à la discussion, ainsi qu'à la partager avec tous ceux qui seraient intéressés par les sujets abordés.

29/3/2019, 8h30/16h30

RSVP: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Aula Minor
Largo Angelicum 1
00184 Rome RM, Italy

PROGRAMME, ATELIER "INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET ANTHROPOLOGIE CHRÉTIENNE »

 

FACULTÉ DE PHILOSOPHIE, ANGELICUM / OPTIC

Rome, le 29 mars 2019

8h30 : Accueil

 

8h45 : Introduction

8h50 - P. Michał Paluch, op, Recteur de l'Angelicum : discours de bienvenue

9h00 - P. Eric Salobir, op, président OPTIC : présentation de la réunion

9h10 - P. Serge-Thomas Bonino, op, doyen de la faculté, intérêts de l’atelier

9h30 - Session du matin : Epistémologie

Président : P. Serge-Thomas Bonino, op.

Sujet 1 : Une machine peut-elle penser ? Qu'est-ce qui distingue l'intelligence humaine de l'intelligence artificielle (IA) ?

Résumé :

« La question de savoir si un ordinateur peut penser n'est pas plus intéressante que celle de savoir si un sous-marin peut nager", répond Edsger W. Dijkstra, l'un des pionniers de l'informatique, à ceux qui s'inquiètent des "machines intelligentes ». En effet, plutôt que de penser en termes d'opposition entre l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle, il semble plus fructueux de se demander ce que l'intelligence artificielle peut nous apprendre sur notre propre intelligence, nos propres facultés mentales ; dans quel sens le premier imite le second. En quoi réside la source de l'originalité humaine sur et contre la machine ? Puisque les machines sont désormais capables de calculer, d'évaluer, de se situer dans un environnement, de reconnaître et même d'apprendre, en quoi l'intelligence humaine est-elle particulière ?

On pourrait par exemple aborder ce sujet en pensant à l'intuition, à l'improvisation, à la créativité, ou encore à des notions plus philosophiques comme l'abstraction ou la connaissance des universaux.

Mgr Paul Tighe (Vatican) "Définir les enjeux éthiques de l'intelligence artificielle".

Matthieu Raffray (Angelicum), "Vie, intentionnalité, abstraction : saint Thomas d'Aquin et la notion de machine intelligente".

Discutante : Sr Marina Novina (Zagreb)

10h45 : Pause

 

11h15 : Thème 2 : Une machine peut-elle avoir des états de conscience, des émotions, des regrets ou des remords ?

Résumé :

Dans les neurosciences, deux théories s'affrontent actuellement : le réductionnisme ou matérialisme, selon lequel les états mentaux peuvent être expliqués de manière réductrice en termes de configurations physiques - et pour lequel il n'y a donc aucun obstacle théorique pour construire des robots qui pourraient être conscients de soi ; et l’anti-réductionnisme, selon lequel la conscience est un phénomène totalement unique dans la nature (pour des motifs spirituels ou purement biologiques) et ne pourrait donc être réalisé dans une machine.

Néanmoins, les tests considérés comme révélateurs de la conscience de soi (par exemple le "mirror test" développé par le psychologue américain Gordon Gallup en 1970) ou révélateurs d'une personnalité humaine (par exemple le célèbre test de Turing) ont été passés avec succès par des robots. Est-ce parce qu'ils étaient trop primitifs ou trop dépendants des conceptions matérialistes de l'esprit ? Quoi qu'il en soit, on pourrait se demander quelle méthode, le cas échéant, pourrait résoudre la question de savoir si une machine peut être consciente.

Ezra Sullivan, op (Angelicum), "Human intuition and Artificial Intelligence : Comparaisons et contrastes."

Benedikt Grube, op, doctorat en philosophie (Université du Texas à Austin), "Computer consciousness ? Quelques réflexions sur les débats actuels"

12h30 : Déjeuner pour les intervenants

 

14h30 - Session de l'après-midi : Éthique

Président : P. Eric Salobir, op.

Sujet 3 : Un robot peut-il être responsable ? Comment envisager l'avenir d'une société dans un monde peuplé de robots intelligents ?

Résumé :

Le progrès technique nous pose de nouvelles questions sur le plan social et politique. Plusieurs tâches industrielles et pratiques sont ou seront déjà accomplies par des robots. Il peut sembler que nous serons confrontés à un nouveau monde globalisé et technologique dans lequel les humains occuperont une deuxième place, ou du moins pas toujours la première place. C'est ce qu'on entend parfois par le terme "ère numérique". Qu'est-ce que cela implique pour nos concepts et systèmes éthiques et sociaux ?

Nos catégories éthiques classiques sont-elles encore appropriées dans ce nouvel âge ? Par exemple, comment repenser la question de la justice dans un contexte où certaines machines peuvent agir de manière autonome sans être soumises à la loi, sans pouvoir assumer la responsabilité de leurs actes ? Par exemple, à quoi correspond la responsabilité lorsqu'un accident est causé par un véhicule sans conducteur ?

Sur le plan social, comment évolueront nos questions sur le travail, la gestion des conflits, la démocratie, la vie collective, voire les questions de famille et d'amitié quand, dans un avenir proche, nous devrons prendre en compte la prolifération des robots humanoïdes ? Que signifient l'amour, l'art ou l'amitié quand les machines sont capables d'écrire des lettres d'amour, de produire des morceaux de musique originaux ou de jouer dans nos jeux de société ?

Dominique Lambert (Professeur de Philosophie des sciences, Université catholique de Namur) : Armes autonomes et cyberconflits : Comment l'éthique chrétienne fait-elle face au nouveau visage de la guerre ?

Adrian Pabst (Université de Kent, directeur de la politique et des relations internationales)

Intelligence humaine et sentiments moraux face au transhumanisme

Discutant : Francesco Giordano (Angelicum)

16h15 : Conclusion